La création des masques est liée au « vivre ensemble » et à la « liberté »

Denis Meyers

Comment vous décrivez-vous en tant qu’artiste ?

« Beaucoup de gens me collent l’étiquette de street artiste automatiquement, parce que j’utilise de la bombe pour mes réalisations dans la rue. Moi je trouve ça un peu réducteur donc quand on me demande de me définir et pourquoi, je dis que je suis artiste avec une formation de typographe. Car dans ma pratique quotidienne, la typo et la lettre sont toujours présents. »

Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous nous expliquer votre parcours brièvement ?

« Tournaisien d’origine, études à la Cambre et prof à la Cambre durant 4 ans, ensuite une dizaine d’années en tant que graphiste et artiste en même temps, mais je gagnais principalement ma vie en tant qu’artiste. Depuis le projet des bâtiments Solvay* je ne fais plus de graphisme. Je ne fais que de la peinture, et ça part dans tous les sens : des projets artistiques, des gravures, des bijoux, des projets culinaires, je travaille beaucoup avec des chefs étoilés (ndlr : David Martin, Tim Boury, Nick Bril, Cyril Molard,…) , des photographes . Chorégraphe et scénographe depuis peu, je crée aussi des spectacles. Plein de projets, du moment que je m’amuse, que je peux faire « du bien autour de moi ». J’ai toujours beaucoup collaboré avec de nombreux types de projets très différents, des projets caritatifs régulièrement, des expos collectives, des dîners, … »

Qu’est-ce qui vous a séduit dans l’idée de collaborer avec Kowi Kowi ?

« J’aime bien l’idée de travailler avec un nouveau support, un support assez neuf, car mon travail s’applique sur plein d’objets et ce sont ces rencontres avec ces objets qui font évoluer mon travail ou même la personne que je suis. Et le masque pour moi pouvait en faire partie et en fait partie maintenant quand je vois le résultat. C’est une nouvelle expérience, et c’est aussi une manière de faire passer des messages. »

Plus techniquement, comment avez-vous procédé pour la réalisation des masques ?

« Ce que je trouve assez chouette, chaque fois que j’attaque un nouveau projet sur un nouveau support, il y a toute une période qui peut être très courte ou un peu plus longue selon les projets et selon mon état d’esprit, il y a des projets où il me faut beaucoup de temps pour les appréhender, les comprendre. J’ai besoin de les tester, de les voir, de faire des croquis. Et c’est d’ailleurs encore une fois comme ça que j’ai fonctionné pour cette collaboration avec Kowi Kowi. Les outils induisent aussi des résultats très spécifiques : pinceau, marqueur, bombe, crayon… Donc j’ai besoin d’en essayer plusieurs pour savoir vers quoi je vais et être sûr du résultat. Je savais dès le départ que je voulais faire un grand message : un seul mot. Ainsi qu’une composition serrée, très dense, qui est d’ailleurs ma signature. Les têtes de mort font également partie de mon travail. Je trouvais intéressant la représentation d’une tête de mort vu par un artiste : dans mon cas je vois la mort comme une étape au même titre que l’adolescence ou la vieillesse. La mort ne m’inquiète pas donc je l’utilise comme un medium de communication. C’est ma vision de la chose. »

Les masques ont des messages forts (Hope, breathe…) pouvez-vous nous les expliquer ?

« Le choix des mots est assez personnel, car il faut que je les choisisse pour les écrire. Et il y a beaucoup de mots que j’ai choisis qui sont liés au « vivre ensemble » et à la « liberté ».

La liberté : La volonté de rester libre ou être contre les nouvelles lois qui sont liberticides Mon travail permet de donner un message mais chaque personne l’interprètera plus ou moins comme il le veut. »

Un dernier mot sur le choix du noir et blanc pour les masques ?

« Je trouve que le noir et blanc est plus passe partout quand il s’agit de l’intégrer dans mon travail. Le noir et blanc c’est carrément ma signature. »

* https://multimedia.lecho.be/denismeyers/

 
J’ai le meilleur vaccin: le Rire !

Comments (2)

  1. magno osorio

    Article très intéressant ! Denis Meyers est un artiste que j’aime beaucoup. Bravo pour la collaboration !

  2. Steve Kruz

    J aime beaucoup le travail de Denis Meyers et cette collaboration est pertinente mais saviez vous qu il était le petit fils de Lucien Deroeck qui était lui affichiste et créateur du logo de l’expo 58!
    Il excellait dans l’art de jouer avec les formes et les textures!
    De plus il était l éleve de Folon donc tout ce terreau artistique n était qu une transmission culturelle logique en quelque sorte!
    Bravo pour cette équation plus que maîtrisée entre Kowi Kowi et Mister Meyers
    Article bien ficelé et concis !🙏✅

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